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Focus Centrafrique

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Ce blog de presse couvrira toutes les thématiques d’actualité africaine — politique, société, économie, culture, droits de l’homme, sécurité, etc.


Anicet Dologuélé au cœur de la tourmente : le MCU sort de son silence

Publié par Nerval FANJIP sur 20 Octobre 2025, 19:34pm

L’affaire autour du statut d’apatride d’Anicet Georges Dologuélé continue de faire des vagues dans la sphère politique centrafricaine. L’ancien Premier ministre, aujourd’hui chef de l’opposition, se retrouve sous le feu des critiques après la publication d’un courrier adressé au Président Faustin Archange Touadéra. Son texte, perçu comme une défense de son honneur et de son droit à la nationalité, a plutôt été interprété comme une attaque frontale contre les institutions de la République.

Et la riposte n’a pas tardé.

Le Mouvement Cœurs Unis (MCU), parti au pouvoir, et le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), allié politique du régime, ont tour à tour pris la parole.

Deux déclarations, deux plumes différentes, mais un même ton : la fermeté.

 

Le MCU dénonce « une stratégie de victimisation politique »

Dans son communiqué daté du 14 octobre, le MCU ne mâche pas ses mots.

Selon le parti présidentiel, M. Dologuélé tente de détourner le débat pour masquer ses propres échecs.

Le mouvement parle d’« une espèce de mémoire en défense empreinte de lamentations », un texte d’un homme « aux abois » qui « refuse d’assumer ses responsabilités ».

Le MCU rappelle que la Loi n°1961.212 du 20 avril 1961, relative à la nationalité centrafricaine, demeure pleinement en vigueur.

Et d’ajouter, non sans ironie :« Ce n’est pas à M. Dologuélé, citoyen lambda, de décréter son obsolescence ou sa désuétude au gré de ses intérêts personnels et égoïstes. »

Pour le parti présidentiel, la question du retrait de la nationalité n’a rien de politique : c’est une décision légale et administrative fondée sur des textes clairs.

Derrière la posture du leader de l’URCA, le MCU voit surtout une tentative de se repositionner politiquement en se présentant comme victime d’une injustice.

Le mouvement conclut en appelant M. Dologuélé à « faire preuve de retenue et de décence dans ses communications », tout en rappelant que « la République ne se fonde pas sur les émotions, mais sur les lois ».

 

Le BRDC enfonce le clou : « une errance idéologique »

Quelques jours plus tard, le BRDC a, lui aussi, pris position dans un ton tout aussi sévère.

Dans une note signée du Dr Ernest Mada, le bloc accuse M. Dologuélé d’entretenir la confusion et de propager une « désinformation délibérée » sur le processus électoral et sur les institutions de la République.

Selon le BRDC, les critiques de l’ancien Premier ministre « témoignent d’une déconnexion des réalités démocratiques du pays ».

Le texte évoque « une rare versatilité » et une « errance idéologique permanente », avant de saluer la « détermination du peuple centrafricain à défendre la légalité constitutionnelle ».

« Depuis le retour à la légalité constitutionnelle, le 30 mars 2016, la République centrafricaine a été positivement transformée sous la vision éclairée du Président Touadéra », affirme le communiqué, tout en accusant M. Dologuélé et ses alliés de chercher à freiner les avancées démocratiques.

 

Une polémique aux allures de bataille politique

En réalité, derrière ce débat juridique sur la nationalité, se cache une bataille politique de fond.

À quelques mois des élections générales prévues en décembre 2025, les échanges entre l’opposition et le camp présidentiel prennent une tournure de plus en plus virulente.

D’un côté, Anicet Dologuélé se présente comme un homme injustement ciblé, privé de sa nationalité pour des raisons politiques.

De l’autre, le pouvoir et ses alliés l’accusent d’entretenir la polémique pour raviver sa base et tenter un retour sur la scène politique.

Entre calculs politiques, stratégies de communication et enjeux électoraux, l’affaire Dologuélé met en lumière les tensions d’une démocratie encore fragile, où la nationalité, la loyauté et la légitimité politique se croisent dans un débat explosif.

 

 

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