Le 11 décembre 2025 à Bangui, quelque chose d’important s’est joué loin des discours politiques et des grandes tribunes. Soixante-quinze femmes leaders, membres de l’Organisation des Femmes Centrafricaines (OFCA), se sont retrouvées autour d’un même objectif : prendre toute leur place dans le processus électoral et protéger les autres femmes contre les violences en période d’élections. Avec l’appui de la MINUSCA, cet atelier de renforcement des capacités n’était pas une simple rencontre de plus. Il s’agissait d’un moment stratégique, pensé pour transformer ces femmes en actrices du changement, capables d’informer, d’alerter et d’agir au cœur des communautés.
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Pendant plusieurs heures, les participantes ont approfondi leurs connaissances sur les différents types de violences susceptibles de survenir lors des élections : intimidations, menaces, pressions, agressions verbales ou physiques, mais aussi violences plus silencieuses, souvent banalisées. L’accent a également été mis sur les procédures de vote, afin que chaque femme soit non seulement électrice, mais aussi éducatrice citoyenne.
Un point clé de l’atelier a porté sur la ligne verte 1325, un numéro gratuit permettant de dénoncer les violences faites aux femmes en période électorale. Les participantes ont été formées aux méthodes de sensibilisation communautaire, pour que cette ligne devienne un véritable outil de protection, connu et utilisé par le plus grand nombre.
Pour Anne Yindoua, présidente de l’OFCA, l’enjeu dépasse largement le cadre de cet atelier. « Elles sont en train d’être outillées pour restituer toutes les thématiques développées aujourd’hui dans leurs associations, quartiers et familles », a-t-elle expliqué. L’objectif est clair : créer un effet multiplicateur, où chaque participante devient un relais d’information et de mobilisation.
À travers cette dynamique, l’OFCA entend contribuer à une meilleure compréhension des droits et devoirs citoyens, afin que la période électorale ne soit plus synonyme de peur, mais d’expression démocratique responsable.
Cet atelier rappelle une vérité souvent négligée : sans les femmes, il ne peut y avoir d’élections crédibles et apaisées. En renforçant leurs capacités, c’est toute la société centrafricaine qui se dote d’un rempart contre les violences et les dérives électorales.
À l’approche des prochaines échéances électorales, ces 75 femmes leaders repartent avec bien plus que des connaissances. Elles portent désormais une mission citoyenne : défendre la dignité, promouvoir la paix et faire entendre la voix des femmes au cœur de la démocratie centrafricaine.