La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) confirme sa détermination à rester aux côtés du pays, même face aux défis financiers. C’est ce qu’a rappelé Florence Marchal, porte-parole de la Mission, lors de la conférence de presse organisée ce mercredi au siège de la MINUSCA à Bangui.
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« Notre engagement demeure intact : la MINUSCA réorganise son dispositif, il ne s’agit en aucun cas d’un désengagement », a insisté Mme Marchal. La réorganisation intervient suite au plan de contingence activé par l’ONU en début octobre, imposant une réduction de 15 % des budgets de toutes les missions de maintien de la paix en raison du non-paiement ou du paiement tardif des contributions par certains États membres.
Concrètement, cette mesure entraîne une diminution des effectifs militaires, policiers et civils internationaux, ainsi que du volume de certaines opérations. Mais, a tenu à préciser Florence Marchal, « cela n’a rien à voir avec la situation sécuritaire en Centrafrique ni avec l’efficacité de la MINUSCA, qui continue de soutenir pleinement le gouvernement et de protéger les populations ».
Le mandat reste inchangé : protection des civils, soutien au processus électoral, appui aux opérations de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et renforcement de l’autorité de l’État sur tout le territoire. La Mission continue d’être présente dans les zones les plus sensibles, aux côtés des forces de défense et des autorités locales, pour garantir la sécurité des populations vulnérables.
Un point important : les personnels nationaux disposant d’un contrat fixe avec la MINUSCA ne sont pas touchés par ces réductions. « Cela montre notre engagement à soutenir le capital humain centrafricain, même en période de contraintes financières », a ajouté la porte-parole.
Des actions concrètes sur le terrain
La MINUSCA reste active dans la mise en œuvre de l’Accord de paix. Du 17 au 20 octobre, 97 ex-combattants, dont 12 femmes, ont été désarmés et démobilisés à Bangui, provenant de différents groupes armés. À Mobaye, 19 combattants anti-balaka ont également intégré le programme DDR, recevant armes, munitions, aides financières et kits de réinsertion. Des missions de reconnaissance ont été effectuées à Carnot et Noufou, dans la préfecture de la Mambéré-Kadéï.
Parallèlement, la Mission apporte un soutien logistique et technique au processus électoral : transport des dossiers de candidature depuis les préfectures vers Bangui, numérisation des dossiers par l’Autorité nationale des élections (ANE) et organisation d’activités de sensibilisation et d’éducation civique. Plus de 3 000 personnes ont été touchées, dont près de 56 % de femmes, grâce à 52 activités récentes.
Vers des élections pacifiques et transparentes
À l’approche des scrutins de décembre, le soutien à la sécurisation des élections et à la planification des opérations reste une priorité. Florence Marchal a rappelé que le mandat et les priorités de la MINUSCA seront au centre des discussions du Conseil de sécurité des Nations Unies le 28 octobre, lors de la présentation du rapport couvrant la période du 13 juin au 13 octobre 2025 par Valentine Rugwabiza, Représentante spéciale du Secrétaire général.
Malgré les défis budgétaires, la MINUSCA confirme qu’elle restera mobilisée aux côtés des autorités centrafricaines et des populations pour consolider la paix, renforcer la sécurité et soutenir le développement. Les opérations de désarmement, de réinsertion et l’accompagnement du processus électoral continueront d’être menées avec sérieux et détermination, pour que la Centrafrique avance vers un avenir plus stable et pacifique.