L’Hôtel Ledger a vibré ce mercredi au rythme de l’initiative panafricaine de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Au centre de l’attention : les petites et moyennes entreprises (PME) centrafricaines et leur rôle crucial dans le développement économique du pays.
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L’atelier, organisé par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et la CNUCED, avec le soutien de DANIDA et du Fonds pour la Paix et le Développement de l’ONU, réunit pendant trois jours acteurs publics, privés et partenaires techniques. Objectif : préparer les PME locales à saisir les opportunités offertes par la ZLECAf et renforcer les capacités des décideurs pour un commerce plus durable et inclusif.
PME : un levier essentiel pour l’économie centrafricaine
En RCA, les PME représentent plus de 90 % des entreprises formelles, mais beaucoup évoluent encore dans le secteur informel — agriculture, artisanat, exploitation forestière, transformation alimentaire, commerce. Ces entreprises restent largement déconnectées des chaînes de valeur régionales (CVR).
Une étude menée en 2025 par la CEA et la CNUCED a identifié quatre secteurs clés pour l’intégration des PME au marché africain :
Agroalimentaire : café, sésame, huile de palme, condiments, jus tropicaux
Textile-habillement : vêtements en coton
Mines : transformation artisanale et valorisation des ferrailles
Bois : sciage, menuiserie, panneaux et structures légères exportables
Pourtant, ces PME font face à des obstacles persistants : faible capacité de transformation, manque de certification, logistique insuffisante et accès limité aux données de marché. Les institutions publiques peinent également à élaborer des politiques commerciales basées sur des données fiables.
La ZLECAf : une chance unique pour la RCA
La mise en œuvre de la ZLECAf, intégrée au Plan national de développement 2024–2028, offre une réelle opportunité aux entreprises centrafricaines : élargir l’accès aux marchés, formaliser l’économie informelle et renforcer les capacités locales.
L’atelier national de validation tenu à Bangui en mai 2025 avait déjà permis de traduire ces constats en mesures concrètes : former les PME, initier un dialogue structuré avec les décideurs et préparer un programme national PME–commerce–développement.
Trois jours d’échanges, de formation et d’action
L’atelier se déroule sur trois jours consécutifs :
Jours 1 et 2 : formation pratique pour 25 PME, axée sur les règles commerciales régionales, la ZLECAf, la certification, la normalisation, la transformation et la durabilité des produits.
Jour 3 : dialogue politique multi-acteurs réunissant 60 participants — représentants du secteur public, privé et partenaires techniques — pour définir des politiques et programmes favorables à l’entrepreneuriat et aux chaînes de valeur.
Une dynamique collective pour un commerce inclusif
Cet atelier est bien plus qu’une simple formation : il marque le début d’une dynamique structurée entre les PME, les décideurs et les partenaires de développement. Il vise à créer un écosystème favorable à l’innovation, à la formalisation et à l’export.
En mettant les PME au cœur de la stratégie économique nationale et en les connectant aux marchés régionaux, la République centrafricaine se donne les moyens de devenir plus compétitive, intégrée et durable au sein du continent africain.