À moins de deux mois des élections groupées du 28 décembre, les projecteurs sont braqués sur le rôle des médias et de la société civile. Pour garantir un scrutin apaisé, inclusif et sensible au genre, le Haut Conseil de la Communication (HCC), avec l’appui technique et financier d’ONU-Femmes, a réuni à Bangui, ce vendredi, les professionnels des médias et les leaders des organisations de la société civile.
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L’objectif de cette rencontre : préparer le terrain à une couverture médiatique responsable et encourager une participation accrue des femmes dans le processus électoral.
Richard Pouambi : “Les médias ont un rôle déterminant à jouer”
Dans son allocution d’ouverture, le président du HCC, Richard Pouambi, a salué la mobilisation des acteurs de la presse autour de cette cause nationale. Il a rappelé que, selon la Loi n°24.004 du 24 mars 2024, le Haut Conseil de la Communication est chargé de garantir la neutralité, l’impartialité et l’équité des médias publics et privés, notamment lors des périodes électorales.
« Les médias doivent éduquer, informer et mobiliser les citoyens. Ils doivent aussi combattre la désinformation, les discours de haine et les discriminations qui fragilisent notre cohésion sociale », a-t-il souligné.
Pour le président du HCC, la crédibilité des élections à venir dépend en grande partie de la responsabilité éthique et déontologique des journalistes.
ONU-Femmes, un partenaire clé pour l’inclusion
Grâce à l’appui d’ONU-Femmes, cette rencontre a pris une dimension particulière : celle de la promotion du genre dans le paysage médiatique et politique centrafricain. Richard Pouambi a tenu à exprimer sa reconnaissance envers l’organisation onusienne, dont l’engagement constant en faveur des droits des femmes renforce les efforts nationaux pour une démocratie plus équitable.
« Si nous voulons atteindre les Objectifs de Développement Durable, nous devons associer pleinement les femmes et les jeunes filles à la gouvernance publique », a déclaré M. Pouambi.
Cette collaboration vise à encourager les médias à produire des contenus sensibles au genre, à offrir des espaces d’expression aux femmes candidates, et à faire reculer les stéréotypes encore présents dans la sphère publique.
Un constat : la parité encore fragile
Malgré la loi sur la parité adoptée en 2016, la participation des femmes aux élections reste faible. Les statistiques préliminaires sur les candidatures déposées montrent que le taux de représentation féminine n’atteint pas les 35 % recommandés.
Pour le HCC, cette réalité interpelle les médias, qui doivent s’engager davantage dans la visibilisation des femmes leaders, dans la lutte contre la marginalisation et dans la promotion de modèles féminins inspirants.
Médias et société civile : des acteurs pour la paix
Le président du HCC a également rappelé le rôle historique joué par les femmes dans la médiation et la réconciliation nationale au plus fort des crises que le pays a connues. “Plus jamais ça”, a-t-il martelé, invitant chacun à s’investir dans la construction d’élections apaisées et dans le vivre-ensemble.
En réunissant les journalistes et la société civile, cette rencontre marque une étape importante dans la préparation du terrain électoral. Elle invite les médias à devenir non pas de simples observateurs, mais de véritables acteurs du changement social.
Un engagement collectif pour des élections équitables
À travers cette initiative conjointe du HCC et d’ONU-Femmes, la République centrafricaine envoie un signal fort : celui d’une volonté d’organiser des élections crédibles, inclusives et respectueuses du principe de parité.
Cette rencontre, au-delà des discours, se veut un cadre d’engagement et de responsabilisation des médias pour que, le 28 décembre prochain, chaque voix compte — et que celles des femmes soient entendues, respectées et valorisées.