La République centrafricaine fait face à un défi persistant : l’accès limité aux services financiers pour une grande partie de sa population. Agriculteurs, artisans, petites et moyennes entreprises ou femmes entrepreneures se heurtent encore à des produits bancaires coûteux, mal adaptés ou difficilement accessibles. C’est dans ce contexte que s’est tenue, la semaine écoulée, la première édition des Bangui Financial Days, un rendez-vous inédit qui ambitionne de devenir un carrefour national de réflexion sur l’innovation et l’inclusion financières.
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Placée sous le thème « Agriculture, filets sociaux, secteur informel : au-delà du produit, forger un écosystème financier au service des communautés à la base et du développement », cette première édition a offert une plateforme d’échanges entre décideurs publics, banques, partenaires techniques et financiers, porteurs de projets et acteurs du secteur informel.
Ouvrant la cérémonie, Mamadou Pethe Diallo, Directeur général de la BSIC Centrafrique SA, a appelé à une transformation profonde du modèle financier national. « L’innovation n’est pas seulement technologique. Elle réside aussi dans notre capacité à concevoir des produits qui parlent aux réalités du terrain », a-t-il souligné.
Les discussions ont porté sur la nécessité d’élaborer des solutions de crédit, d’épargne et de protection sociale ancrées dans les cycles économiques locaux. Les coopératives agricoles, les tontines, les associations féminines ou encore les leaders communautaires ont été identifiés comme des relais essentiels pour retisser la confiance entre institutions financières et populations.
Lors des panels, David Festus Bakassa, Coordonnateur du Projet I-COMPETE à la Banque mondiale, a insisté sur le rôle stratégique de l’assurance dans l'inclusion financière. Selon lui, la protection contre les chocs économiques permet aux ménages et aux petites entreprises de sécuriser leurs investissements, de réduire leurs risques et d’accéder plus facilement au crédit. L’assurance devient ainsi un levier puissant pour dynamiser les chaînes de valeur locales et renforcer la résilience économique.
Dans ses propos officiels, le Coordonnateur du projet I-COMPETE est revenu sur l’importance de cette initiative pour l’écosystème entrepreneurial centrafricain : « Les Bangui Financial Days constituent un sommet majeur des financiers et économistes de la RCA. Pour cette première édition, I-COMPETE a eu l’honneur d’être invité par l’APECCA afin de présenter ses interventions, ses réalisations et son appui aux agences bénéficiaires en vue de stimuler la croissance du secteur des PME », a déclaré David Festus Bakassa.
Il a rappelé que l'objectif du projet est de renforcer le climat des affaires, développer des fonds de garantie, soutenir les jeunes entreprises et encourager les investisseurs privés à s’engager davantage en Centrafrique.
I-COMPETE a établi plusieurs protocoles de collaboration avec des institutions nationales, notamment le GICA, l’un des principaux patronats du pays. Un ensemble d’activités conjointes sont en cours pour porter la voix du secteur privé, améliorer l’environnement économique et soutenir les initiatives structurantes, telles que l’organisation des assises nationales du secteur privé.
Le Coordonnateur a également dénoncé la principale difficulté rencontrée par les PME : les refus de crédit liés au manque de garanties. Pour y répondre, la Banque mondiale a intégré au projet I-COMPETE un important volet consacré à l’opérationnalisation du Fonds de garantie.
Cette première édition des Bangui Financial Days marque une étape essentielle dans la réflexion nationale sur la transformation du système financier. Les échanges ont démontré que l’inclusion financière ne se résume pas à la création de produits bancaires, mais nécessite la construction d’un véritable écosystème, ancré dans les réalités des communautés. À l’issue de la rencontre, les participants ont exprimé leur volonté de transformer ces recommandations en actions concrètes, afin de bâtir une finance plus innovante, plus solidaire et pleinement accessible aux populations centrafricaines.