Jouer la rue contre des institutions étroitement contrôlées par le pouvoir. C’est le pari risqué qu’a choisi de faire Issa Tchiroma Bakary, figure emblématique de la scène politique camerounaise et candidat de l’opposition à la présidentielle de dimanche dernier. À 79 ans, l’ancien ministre a surpris en revendiquant, dès le mardi 14 octobre, sa victoire à l’élection, alors même que les résultats officiels ne sont attendus que dans deux semaines.

Cette déclaration, faite devant une foule de partisans galvanisés, marque une rupture dans la stratégie de l’opposition, souvent accusée d’attendre passivement les verdicts des urnes. En affirmant avoir remporté le scrutin, Issa Tchiroma tente de créer une dynamique populaire, voire une pression politique, face à un système institutionnel que beaucoup jugent verrouillé.
Du côté du pouvoir, le silence reste pour l’instant de mise. Le Conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats, poursuit le dépouillement dans un climat tendu, où les observateurs nationaux et internationaux appellent au calme et à la transparence.
Pour l’heure, la rue semble être devenue le véritable champ de bataille politique au Cameroun. Et Issa Tchiroma Bakary, vétéran de la politique nationale, espère y trouver un dernier souffle pour transformer son pari en victoire historique.
Par Nerval