Cinq jours passés sur le terrain, entre Bangui, Bria, Zémio et Birao. C’est une mission marquée par l’émotion et la lucidité qu’a menée Joyce Msuya, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires.
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À la fin de sa visite en République centrafricaine, la haute responsable de l’ONU a dressé un constat sans détour : les besoins humanitaires restent énormes, malgré la générosité et la résilience exceptionnelles du peuple centrafricain.
Partout où elle est passée, Joyce Msuya a été frappée par la solidarité des populations locales. À Birao, elle a visité un camp où vivent plus de 27 000 réfugiés soudanais, fuyant la guerre de l’autre côté de la frontière.
Plus de la moitié sont des femmes et des enfants, souvent traumatisés, mais accueillis avec chaleur par des familles centrafricaines elles-mêmes touchées par la pauvreté et l’insécurité.
« J’ai vu des familles partager le peu qu’elles ont. Cette générosité force le respect », a-t-elle confié lors de sa conférence de presse à Bangui.
Une leçon d’humanité qui contraste avec la réalité crue de la crise : infrastructures détruites, services de base inexistants, accès humanitaire limité. Dans certaines régions, l’eau potable, la santé ou l’éducation relèvent encore du luxe.
Selon le Bureau des affaires humanitaires (OCHA), 37 % des besoins humanitaires restent non couverts en Centrafrique.
Manque de financements, routes impraticables, insécurité persistante : les obstacles sont multiples, mais les besoins urgents.
Joyce Msuya a rappelé que la paix et la sécurité demeurent la priorité absolue.
« Ce que les personnes rencontrées demandent avant tout, c’est la paix. Si la sécurité revient, elles pourront à nouveau subvenir à leurs besoins. »
Elle a également souligné le rôle crucial des organisations locales et des communautés hôtes, véritables piliers de la solidarité quotidienne, souvent avec très peu de moyens.
Au terme de sa visite, la responsable onusienne s’est engagée à porter la voix des déplacés et réfugiés centrafricains sur la scène internationale.
Son message est clair : le monde ne peut pas détourner le regard.
« Je repars avec les voix et les visages de ceux que j’ai rencontrés. La question demeure : faisons-nous assez pour les femmes et les enfants de ce pays ? »
Joyce Msuya appelle à une mobilisation plus forte des bailleurs de fonds et à un soutien accru aux acteurs humanitaires présents sur le terrain. Pour elle, la réponse à la crise centrafricaine ne peut se limiter à l’urgence : elle doit s’inscrire dans la durée, la paix et la dignité.
Son voyage en RCA aura mis en lumière un double visage : celui d’un pays meurtri, mais aussi celui d’un peuple résilient et profondément humain.
L’appel de Joyce Msuya n’est pas seulement un rapport de mission, c’est un cri du cœur pour ne pas oublier la Centrafrique.
Car derrière chaque chiffre, il y a une histoire, un visage, une espérance.
Par Nerval