Bangui, 14 octobre 2025 – Dans une correspondance officielle adressée au Président de la République, Faustin Archange Touadéra, le président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA), Anicet-Georges Dologuélé, dénonce la décision du gouvernement de le déclarer apatride, une mesure qu’il juge « arbitraire, injuste et politiquement motivée ».
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Selon Dologuélé, cette notification lui a été transmise le 9 octobre par le ministre de la Défense, à la suite d’une demande de renouvellement de passeport.
Le courrier l’informe qu’il aurait perdu sa nationalité centrafricaine, et l’invite à déposer une demande de réintégration conformément à la loi de 1961 sur le Code de la nationalité.
L’ancien Premier ministre conteste fermement cette décision :
« Je suis né centrafricain, de père et de mère centrafricains. J’ai toujours été détenteur d’un certificat de nationalité en bonne et due forme », écrit-il.
Il dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation du droit à des fins politiques :
> « Cette loi de 1961 n’a jamais été appliquée depuis 64 ans. Mais comme à l’évidence, pour m’empêcher d’être candidat à l’élection présidentielle, vous êtes prêt à tout. »
« Vous m’avez déjà tout fait »
Dans cette lettre au ton à la fois ferme et indigné, Anicet-Georges Dologuélé revient sur plusieurs épisodes qu’il juge révélateurs d’une persécution politique à son encontre : confiscation de passeport, empêchement de soins à l’étranger, levée de son immunité parlementaire et adoption d’une disposition constitutionnelle interdisant aux binationaux de se présenter à la présidentielle.
> « Vous ressortez des archives une loi jamais appliquée depuis 64 ans, avec pour objectif de me déclarer apatride. Ça fait beaucoup, beaucoup trop ! », fustige-t-il.
L’ancien chef du gouvernement accuse le pouvoir actuel d’avoir installé la rancune, la haine et la méchanceté au sommet de l’État, au détriment des valeurs républicaines.
« Vous avez changé le logiciel éducatif des citoyens et détruit les fondements culturels de notre société », écrit-il, avant de dénoncer une gouvernance marquée selon lui par la « manipulation, l’injustice, la violence et la corruption ».
Dologuélé s’en prend également à la gestion du processus électoral, accusant le gouvernement d’avoir transformé l’Autorité Nationale des Élections (ANE) en « appendice du pouvoir », recevant directement des instructions du chef de l’État.
Il estime que les conditions actuelles ne garantissent aucune transparence dans le scrutin prévu pour la fin de l’année.
Malgré la virulence de ses critiques, le président de l’URCA conclut sa lettre sur un ton d’appel au discernement et à la responsabilité :
« Je vous invite à échapper à la pression négative de votre entourage, à prendre de la hauteur et à écouter les cris de colère et de détresse de nos compatriotes. »
Il affirme ne pas chercher à « prendre la place » de Touadéra, mais à offrir « une alternance crédible » au peuple centrafricain.
Et de conclure, dans une note de foi :
« Nous croyons tous en Dieu. Laissons-le faire son œuvre et cessons d’avoir la prétention de l’influencer. »